« L’excellente Zabou Breitman et Carlo Brandt, notamment, sont les interprètes d’Anatole, une pièce rarement jouée du grand auteur autrichien Arthur Schnitzler, traduite et mise en scène par Claude Baqué.

Publiée en 1892, Anatole est la première pièce de Schnitzler. C’est un cycle de huit saynètes, autonomes, ayant le même héros, Anatole, flanqué de son vieil ami Max et chaque fois en affaire amoureuse avec une femme différente. Dans les bras ou sur les bras, c’est selon. Ce sont huit variations sur le thème du mensonge amoureux ou de l’amour mensonger. Anatole est un Don Juan désabusé, un dandy mélancolique.

Carlo Brand a fabriqué son personnage avec beaucoup d’habileté, mais une certaine uniformité. Jacques Denis, en revanche, réserve des surprises dans le rôle du confident fidèle et taquin. Face à ces deux solistes, Zabou Breitman est à elle seule un orchestre de musique de chambre. Demi mondaine ou mondaine entière, fille de joie devenue profonde, acrobate, danseuse, femme adultère, russe envahissante, chaque fois, cette comédienne exceptionnelle construit un être complet, complexe, avec ses doutes, ses contradictions, ses stratégies, ses douleurs, ses non dits. Et, pour conclure, une bouleversante sagesse féminine, en avance sur son temps, et sur le nôtre, encore. »

Chronique Théâtrale de Jean-Marc Stricker, du 21 septembre 2003

 

 

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