EAUX DORMANTES

LA DAME DE LA MER

BOBBY FISCHER VIT À PASADENA

SEPTEMBRE BLANC

Sortie en librairie le 8 décembre 2022

La Dame qui marchait sur la pointe des pieds

Claude Baqué

 

Postface de Pierre Bruno

 

Éditions de l’Insu / 20 €

Pauline Lair Lamotte a grandi dans une famille catholique d’une petite ville de province, Mayenne, d’où elle s’est enfuie très jeune, abandonnant patrimoine, patronyme et rang social, pour vivre dans une extrême misère auprès des plus démunis, à Montmartre, sous son nouveau nom : Madeleine Lebouc. Vingt ans plus tard, une nuit de Noël, elle ressent des douleurs terribles, comme si on lui avait « transpercé les pieds ». Elle ne trouvera à se soulager qu’à marcher sur la pointe des pieds ; ce qui la conforte dans l’idée que Dieu la soulève et qu’elle va s’envoler. En proie à des angoisses, elle est accueillie dans plusieurs hôpitaux parisiens, où elle subit toutes sortes de traitements pour « hystérie », avant d’être placée à la Salpêtrière. Son étrange démarche lui vaut d’être alors remarquée dans la cour de l’hospice par un jeune étudiant, Maurice Apte, qui la présente à son professeur, Pierre Janet.

C’est là que commence cette histoire, en mai 1896. Elle s’achèvera huit ans plus tard.

Une relation très particulière se noue entre Madeleine Lebouc et Pierre Janet, qui outrepasse les rapports patiente-médecin, sans pour autant sortir de leur cadre strict. « C’est la Providence qui m’a envoyée vers vous », lui dit-elle. En consentant à se faire le cas de Pierre Janet, cette femme, qui avait dit non à tout, s’en remet corps et âme à ce jeune médecin. Extases, écrits, angoisses, stigmates, tout lui sera, en quelque sorte, adressé. Ce livre retrace son séjour à la Salpêtrière sous l’angle de cette mystérieuse relation, que les psychanalystes nomment « amour de transfert ».

Créations acte2deux

LA DAME DE LA MER

Camille / Didier Flamand

Nicolas Struve / Pierre-Alain Chapuis / Marion Bottollier

Eaux dormantes

Lars Norén
mise en scène Claude Baqué
L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Jacques Gamblin

Entre courir et voler

Jacques Gamblin
mise en scène Claude Baqué
La Comète Châlons en Champagne

Carlo Brandt / Zabou Breitman

Anatole

Arthur Schnitzler
mise en scène Claude Baqué
L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Xavier Gallais / Simona Maïcanescu

Septembre blanc

Neil LaBute
mise en scène Claude Baqué
L’Athénée Théâtre Louis-Jouvet

Alexis Nitzer / Isabelle Habiague

Bobby Fischer vit à Pasadena

Lars Norén
mise en scène Claude Baqué
Théâtre de l’Opprimé

Thierry Mettetal / Annie Mercier

Abîme aujourd’hui la ville

François Bon
mise en scène Claude Baqué
Théâtre du Chien qui Fume

Pierre Marzin / Corinne Dacla

Le Misanthrope

Molière
mise en scène Claude Baqué
Centre Culturel Français de Beyrouth

Thierry Mettetal / Nicolas Struve / Christophe Kourotchkine

Pièces rupestres / Matrices

Armando LLamas
mise en scène Claude Baqué
Rencontres à la Cartoucherie

Corinne Dacla / Urbain Cancelier

Le Saut du renard

scénario Claude Baqué / François Olivier
réalisation Claude Baqué
Film moyen-métrage de 30 mn

Sylvia Allègre / Claude Baqué

L‘Air du large

René de Obaldia
mise en scène Claude Baqué
Théâtre Marie-Stuart

Alain Lahaye / Urbain Cancelier

Voulez-vous jouer avec moâ ?

Marcel Achard
mise en scène Claude Baqué
Théâtre de Mayenne

Projet en cours

Ravissement / Den Bergtagna

Victoria Benedictsson

 

Traduction de Katrin Ahlgren et Claude Baqué (2014)

Projet franco-suédois

FRANÇAIS (FRANSK)

 

VICTORIA BENEDICTSSON / L’AUTEURE

Née en 1850, Victoria Benedictsson a écrit l’essentiel de son œuvre dans les dernières années de sa courte vie, entre 1884 et 1888 : deux romans, deux recueils de nouvelles, quelques pièces de théâtre, des articles de presse, ainsi que son fameux journal, qu’elle appelait Le Grand Livre. 

Son tout premier roman, L’Argent, lui a valu l’estime des cercles féministes de l’époque. Elle fut l’une des grandes voix de ce vaste mouvement d’émancipation scandinave, que l’on a appelé La Percée moderne.

En ces temps (pas si lointains) où une femme écrivain devait lutter pour exister, elle écrivait sous un nom d’homme, Ernst Ahlgren. Mais ce n’était pas qu’un nom de guerre, c’était sa part d’auteur, sa part d’homme, sa main droite. Son « alter ego ». Dans son Grand Livre, elle s’adresse à « lui », comme s’il était quelqu’un d’autre. Mais qui ? Le garçon que son père aurait aimé qu’elle fût ?

On a dit que sa vie aurait inspiré à Ibsen le personnage d’Hedda Gabler. Et que sa mort aurait inspiré à Strindberg la fin de Mademoiselle Julie…

Comme Hedda Gabler, en effet, son père l’avait élevée comme un garçon, lui apprenant très tôt le maniement des armes, et à monter à cheval. Elle le raconte dans l’une de ses dernières œuvres, également inachevée, Ur Mörkret (« Des Ténèbres »), qui se présente comme le récit d’une séance d’analyse avant la lettre, où une jeune femme allongée livre l’histoire de sa vie à un homme assis dans l’ombre derrière elle. Il s’achève sur ces mots : « – – – Être une femme, c’est être un paria qui ne pourra jamais s’élever au-dessus de sa caste – – – que je sois une femme aura été la malédiction de ma vie. » 

Et comme Mademoiselle Julie, elle s’est donnée la mort en se tranchant la gorge avec un rasoir. D’une main d’homme…?

Elle avait fait ce choix radical de (con)fondre sa vie et ses écrits. Non pas sur le mode de l’autobiographie, ni de la confession, mais sous la forme de ce qu’on appellerait aujourd’hui l’autofiction, le « déplacement »  qu’elle suppose étant à ses yeux la condition pour que, du vrai, quelque chose advienne. Côté écrits, cela donnera cette œuvre incandescente, qui la rend si proche de nous. Mais côté vie, ce sera : écrire ou mourir. Et lorsque l’homme de sa vie, le célèbre critique Georg Brandès, dénigrera son dernier roman, au motif qu’il ne serait qu’un « livre de femme », elle notera dans son Journal : « Il a prononcé ma sentence de mort ».

 

L’HISTOIRE / L’AMOUR, LA CRÉATION, LA MORT

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur 

(Mallarmé)

Nous sommes dans un atelier d’artiste à Paris, à la fin des années 1880, dans le milieu des artistes scandinaves venus en France pour se former ou se faire connaître, et qui s’étaient installés dans le quartier Montparnasse.

Ravissement est l’histoire de Louise Sternberg, une jeune suédoise en exil à Paris, qui tombe littéralement sous le charme d’un sculpteur de génie, Gustav Alland, qu’elle admirait sans le connaître. Conquise (« ensorcelée »), elle va pourtant se refuser, s’enfuir en Suède, où elle dépérit, puis revenir et se donner à lui, pour être finalement « abandonnée » et choisir de se jeter dans la Seine.

Ce sculpteur qui n’arrivait plus à créer aura puisé dans l’amour de Louise la force de réaliser un groupe, qui a pour titre La Destinée, et pour figures une femme marchant par-dessus le corps d’une autre femme allongée morte dans une posture d’extase.

Un troisième personnage, Erna, qui ouvre et clôt la pièce, aura tenté en vain de faire coupure entre les amants. C’est une amie de Louise qui, elle aussi, avait succombé jadis aux charmes du sculpteur et n’avait dû son salut qu’à son art : un autoportrait d’une grande audace, qui lui avait la reconnaissance de la profession. À la fin, devant le corps de son amie, Erna s’écrie : « Pourquoi est-ce que je n’ai pas fait comme elle ! ».

La pièce interroge l’énigme du sacrifice de Louise.

 

LE MANUSCRIT / INACHEVÉ

On n’achève pas une œuvre, on l’abandonne

(Giacometti)

Jusqu’à une période récente, cette pièce n’était connue en Suède qu’à travers une version remaniée par Axel Lundesgård, un ami écrivain auquel Victoria Benedictsson avait confié le soin de publier son œuvre après sa mort. Il aura fallu attendre qu’un éditeur entreprenne d’en exhumer les feuillets originaux pour que l’on découvre, un siècle plus tard, sous les rajouts du continuateur, l’éclat de l’écriture de l’auteure.

En avril 1888, elle notait : « Je ne peux toujours pas l’écrire au propre. J’ai jeté ça en toute hâte sur le papier, en tremblant et sans souci de la forme. Il y a un vide. Je ne peux pas le combler. C’est comme de graver dans son propre cœur avec une aiguille. » Quelques semaines plus tard, elle se donnait la mort.

C’est ce manuscrit inachevé, délesté de son colmatage posthume, qu’avec Katrin Ahlgren nous avons traduit. L’éditeur suédois a marqué d’un signe (I—I) ces blancs qui apparaissent dans les feuillets, où doivent manquer une ou plusieurs répliques, parfois même une scène entière.

La pièce a été représentée plusieurs fois en Suède. Elle a même été adaptée pour la télévision, puis pour la radio. Elle a aussi récemment été créée à Londres. Mais toujours dans sa version remaniée. Notre mise en scène sera la toute première création de cette pièce dans sa version d’origine.

Si nous avons fait le choix de ce manuscrit non-fini, c’est qu’il nous est apparu que ses recouvrements ultérieurs, en cherchant à combler un manque qui lui est essentiel, barraient l’accès au sens même de la pièce.

Nous faisons le pari qu’en lui restituant cette part d’inachevé, qui est sa marque même, son symptôme, ce qui n’a pas pu s’écrire ne manquera pas de s’entendre.

Claude Baqué – juin 2016

 

 

SVENSK (SUÉDOIS)

 

DEN BERGTAGNA

av Victoria Benedictsson

Översättning Katrin Ahlgren och Claude Baqué

VICTORIA BENEDICTSSON / FÖRFATTAREN

Det har sagts att hennes liv gav Ibsen inspiration till sin karaktär Hedda Gabler och att hennes död gav Strindberg inspiration till slutet av Fröken Julie. Hon skrev de flesta av sina verk, vilka hon signerade med ett mansnamn (Ernst Ahlgren), mellan 1884 och 1888, de sista åren av sitt korta liv. « Att vara kvinna, skriver hon, är att vara en paria som aldrig kan höja sig ur sin kast. Att jag är kvinna, skriver hon, har varit mitt livs förbannelse ».

Liksom Hedda Gabler hade hennes far uppfostrat henne som en pojke och lärt henne att använda vapen. Liksom Fröken Julie tog hon sitt liv genom att skära av sig halsen med en rakkniv. Med en mans hand …?

Victoria Benedictsson hade gjort det radikala valet att förväxla sitt liv och sitt författarskap. När det gäller skrivandet, gav det hennes verk en glöd. Men när det gäller livet handlade, blev följden: att skriva eller att dö. Och när mannen i hennes liv, den berömda kritikern Georg Brandes, nedvärderar hennes senaste roman till ”en kvinnoroman » skriver hon i sin dagbok: « Det blev min dödsdom ».

 

MANUSKRIPTET / EN OFULLSTÄNDIG VERSION

Denna pjäs var fram till relativt nyligen endast känd i Sverige i den version som bearbetats av Axel Lundegård, en författarvän som Victoria Benedictsson anförtrott uppgiften att publicera sina verk efter sin död.

Inte förrän en förläggare åtog sig uppgiften att gräva fram originalen upptäcktes, under de tillägg som gjorts, författarens briljanta stil. Det är detta oavslutade manuskript som ligger till grund för Katrin Ahlgrens och Claude Baqués översättning.

Att valet föll på av den ofullständiga originalversionen beror på att de tilläggs som hade gjorts med syfte att fullborda textens luckor inte gjorde författaren rättvisa och ledde till att pjäsens betydelse inte gick fram.

 

BERÄTTELSEN / KÄRLEK, KONSTNÄRSKAP, DÖD

Vi befinner oss i en konstnärsateljé i Paris i slutet av 1880-talet, i den miljö som samlade de skandinaviska målare och skulptörer som kommit till Frankrike för att utbilda sig eller göra sig ett namn.

Den bergtagna är berättelsen om en ung svensk kvinna, Louise, som faller för den charmige och talangfulle skulptören Gustav Alland, som hon tidigare har beundrat på avstånd. Trots att hon redan är besegrad avfärdar hon honom och flyr till Sverige, men kommer sedan tillbaka och ger sig hän, för att slutligen överges och välja att kasta sig i Seine.

Fem akter, fem tillfällen.

Han som inte längre kan skulptera hämtar styrka i Louises kärlek för att förverkliga ett nytt verk, en grupp med titeln Ödet. Skulpturen föreställer kvinna som kliver över en annan kvinna, vars döda kropp ligger i en hänryckt position och i vilken Louise känner igen sig själv.

Pjäsen ifrågasätter varför Louises offrar sitt liv.