La Dame de la mer / Le livre

Publication

Le texte de La Dame de la mer, de Henrik Ibsen, dans la traduction de Claude Baqué, est publié par Acte2Deux.

Il est en vente au tarif de 13 €.

Il est possible de passer commande du livre, en envoyant un mail à l’adresse suivante :  acte-deux@orange.fr

Ravissement

L’Histoire

Calme bloc ici bas chu d’un désastre obscur

(Mallarmé)

 

Nous sommes dans un atelier d’artiste à Paris, à la fin des années 1880, dans le milieu des artistes scandinaves venus en France pour se former ou se faire connaître, et qui s’étaient installés dans le quartier Montparnasse.

Ravissement est l’histoire de Louise Sternberg, une jeune suédoise en exil à Paris, qui tombe littéralement sous le charme d’un sculpteur de génie, Gustav Alland, qu’elle admirait sans le connaître. Conquise (« ensorcelée »), elle va pourtant se refuser, s’enfuir en Suède, où elle dépérit, puis revenir et se donner à lui, pour être finalement « abandonnée » et choisir de se jeter dans la Seine.

Ce sculpteur qui n’arrivait plus à créer aura puisé dans l’amour de Louise la force de réaliser un groupe, qui a pour titre La Destinée, et pour figures une femme marchant par-dessus le corps d’une autre femme allongée morte dans une posture d’extase.

Un troisième personnage, Erna, qui ouvre et clôt la pièce, aura tenté en vain de faire coupure entre les amants. C’est une amie de Louise qui, elle aussi, avait succombé jadis aux charmes du sculpteur et n’avait dû son salut qu’à son art : un autoportrait d’une grande audace, qui lui avait la reconnaissance de la profession. À la fin, devant le corps de son amie, Erna s’écrie : « Pourquoi est-ce que je n’ai pas fait comme elle ! ».

La pièce interroge l’énigme du sacrifice de Louise.

Den Bergtagna

Le Manuscrit inachevé

On n’achève pas une œuvre, on l’abandonne

(Giacometti)

Jusqu’à une période récente, cette pièce n’était connue en Suède qu’à travers une version remaniée par Axel Lundesgård, un ami écrivain auquel Victoria Benedictsson avait confié le soin de publier son œuvre après sa mort. Il aura fallu attendre qu’un éditeur entreprenne d’en exhumer les feuillets originaux pour que l’on découvre, un siècle plus tard, sous les rajouts du continuateur, l’éclat de l’écriture de l’auteure.

En avril 1888, elle notait : « Je ne peux toujours pas l’écrire au propre. J’ai jeté ça en toute hâte sur le papier, en tremblant et sans souci de la forme. Il y a un vide. Je ne peux pas le combler. C’est comme de graver dans son propre cœur avec une aiguille. » Quelques semaines plus tard, elle se donnait la mort.

C’est ce manuscrit inachevé, délesté de son colmatage posthume, qu’avec Katrin Ahlgren nous avons traduit. L’éditeur suédois a marqué d’un signe (I—I) ces blancs qui apparaissent dans les feuillets, où doivent manquer une ou plusieurs répliques, parfois même une scène entière.

La pièce a été représentée plusieurs fois en Suède. Elle a même été adaptée pour la télévision, puis pour la radio. Elle a aussi récemment été créée à Londres. Mais toujours dans sa version remaniée. Notre mise en scène sera la toute première création de cette pièce dans sa version d’origine.

Si nous avons fait le choix de ce manuscrit non-fini, c’est qu’il nous est apparu que ses recouvrements ultérieurs, en cherchant à combler un manque qui lui est essentiel, barraient l’accès au sens même de la pièce.

Nous faisons le pari qu’en lui restituant cette part d’inachevé, qui est sa marque même, son symptôme, ce qui n’a pas pu s’écrire ne manquera pas de s’entendre.

 

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